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Le Héros de Gerbéviller
 
La Victoire oubliée
 
 

Gerbéviller : Bataille du 24 août 1914

Le devoir de Mémoire - Articles de Presse (Commémorations)
 

"Comme un soldat sur le champ de bataille s'abrite derrière le cadavre d'un camarade tombé, la France, le 24 août 1914, s'est abritée derrière le cadavre de Gerbéviller" Maurice Barrès.

Quelques semaines après la déclaration de Guerre de 1914, la petite ville de Gerbéviller, située au sud de Lunéville subit le contre-coup des batailles perdues du 20 août à Morhange et à Sarrebourg.

La 2e armée du Général de CASTELNAU bat en retraite sur le Grand Couronné et la Mortagne(1), du 21 au 23 août, laissant Lunéville, occupée par l'ennemi le 22, protégeant la Trouée de Charmes en se liant à la 1ère armée du Général DUBAIL.

(1) La Mortagne est une rivière de Lorraine, qui coule dans les départements des Vosges et de Meurthe-et-Moselle. C'est un affluent de la Meurthe en rive gauche, donc un sous-affluent du Rhin par la Meurthe puis par la Moselle.

Cliquez pour AgrandirDans la nuit du 23 au 24 août 1914, 60 chasseurs à pieds du 2e BCP, parmi lesquels l'adjudant CHEVRE, né à Fresnois-la-Montagne (Meurthe et Moselle) arrivèrent à Gerbéviller, avec la mission de tenir jusqu'au bout.

A ce moment, la ville était aux trois quarts déserte. Presque toute la population était partie. Au point du jour, les ponts sur la Mortagne se couvrent de barricades. On pensent que l'ennemi n'est pas loin. Vers 9 heures du matin éclatent les premiers coups de fusil. Aussitôt après, le canon commence de tonner. Les quartiers situés sur la rive droite de la Mortagne et d'où nos chasseurs font partir une grêle de balles, sont particulièrement atteints.

Ce fut ainsi jusqu'à 5 heures du soir. Les canons allemands étaient postés sur les hauteurs de la route de Fraimbois : ils ne cessèrent point de cracher la mort. A ce moment, l'infanterie allemande fait son entrée dans le centre de la ville. Nos chasseurs avaient tenus douze heures, à dix contre un. Ils se replient, ayant une dizaine des leurs tués et une quinzaine de blessés.

Les soldats ennemis envahissent alors les maisons faisant ouvrir portes, fenêtres, placards ; puis chassant les habitants sans leur laisser le temps de rien emporter, ils emmenèrent les femmes, tel un troupeau de bêtes. Tous les hommes trouvés dans la ville avaient été conduits dans la campagne.

Se répandant alors dans toutes les demeures, ils pillèrent, saccagèrent, brisèrent, éventrèrent tout, s'acharnant avec une joie féroce sur les glaces, les marbres des cheminées, se livrant dans les caves à des orgies sans nom, tandis que dans la nuit, l'immense brasier de la ville en flammes éclairait bien loin la campagne.

Pendant trois jours, avec des torches et du pétrole, ils recommencèrent à incendier les maisons encore épargnées, et toujours le bombardement continuait, terrible, meurtrier. Il dura neuf jours.

Entassés dans les caves les plus résistantes, sans pain durant cinq jours, les malheureux habitants s'attendaient à chaque instant à voir les voûtes les écraser. Les Allemands, en manière d'amusement sans doute, ouvraient les portes des caves et tiraient sur ceux qui s'y trouvaient. Malheur à celui ou à celle qui, à la recherche d'un souvenir chéri ou par crainte d'asphyxie, paraissait à la lumière, dans la rue. Impitoyablement on était assassiné, avec des raffinements de cruauté. Nombre de victimes n'ont pu être ensevelies qu'au bout de quelques jours, et, toujours aussi des blessés, allemands, d'abord, français ensuite, étaient amenés en grand nombre dans le petit hôpital, dont les salles étaient combles, et dont Soeur Julie, avec un dévouement de tous les instants, assurait l'intelligente direction.

Ces nombreux sacrifices contribueront à gagner quelques heures, qui aideront le Général de Castelnau à organiser une solide riposte le lendemain sur le champ de bataille de Rozelieures et y remporter la première victoire française de la guerre. Victoire, sans laquelle rien n'eut été possible.

 
Ouvrage et bibliographie Cliquez pour agrandir

Le Dr Robert Creusat qui a passé toute son enfance à Gerbéviller et qui a été profondément marqué par ces évènements les retrace dans un livre publié en 1986, à l'aide de témoignages, de documentations, patiemment recueillis au cours de sa vie.

Cet ouvrage s'intitule "La Victoire Oubliée" (MUT' IMPRIM - 54300 Lunéville)

         
 
Liens: Guerre 1914-1918
 
Gerbéviller
 
 
         
 
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